Ce forum a servi de plateforme d’échange et de réflexion entre les dirigeants politiques, les experts et les acteurs nationaux et internationaux pour concevoir des solutions innovantes et adaptatives pour relever les défis de la résilience climatique et du développement durable.
Le gouvernement a ouvert plusieurs chantiers structurants pour la rationalisation de la gestion et l’utilisation des ressources en eau, la sécurité alimentaire et la diversification des sources d’énergie, et ce conformément aux Hautes orientations de SM le Roi Mohammed VI. C’est ce qu’a affirmé Omar Moro, président du conseil régional de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (CR-TTA), lors de la séance d’ouverture officielle de la deuxième édition du Forum WEEF Nexus, organisée, mercredi 5 février, à Tanger. Il a fait part que ces projets auxquels se sont intégrés le gouvernement, les conseils élus et la société civile en vue de réaliser des objectifs de développement durable et répondre aux attentes de la population. «C’est une réponse objective aux défis auxquels nous devons faire face dans notre pays, comme pour les autres pays du monde et concernant les changements climatiques non prévus», a-t-il dit, faisant remarquer que le CR-TTA s’est engagé depuis le début de l’exercice de son mandat, «à travers des projets intégrés, sectoriels et territoriaux, pour la participation dans la réalisation de la durabilité de l’eau, l’alimentation et l’énergie dans notre région, et ce en complémentarité avec les autres régions ».
De son côté, Younes Tazi, wali de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, gouverneur de la préfecture de Tanger-Assilah, a fait part que le Nord se distingue par sa position géographique et la diversité de ses ressources naturelles, tout en devant être ainsi au cœur des défis, tels que la pénurie d’eau, le changement climatique, la croissance démographique et la consommation non durable. Pour pouvoir y faire face, il a eu lieu « ces dernières années le lancement de grands projets visant la réalisation de la gestion intégrée et durable de ces ressources », a-t-il dit, avant d’ajouter que parmi ces projets, celui d’interconnexion du barrage Oued El Makhazine avec celui de Dar Khrofa, le renforcement des infrastructures hydrauliques, le développement des énergies renouvelables dans la région, la protection des écosystèmes et la requalification du facteur humain. Pour sa part, Nizar Baraka, ministre de l’équipement et de l’eau, a souligné l’importance de l’eau, qui impacte l’ensemble des secteurs sociaux et économiques et conditionne la sécurité alimentaire, énergétique et environnementale. Ainsi et pour faire face au stress hydrique que le Maroc endure depuis plus de 6 ans, «le ministère a adopté avec ses partenaires une politique de l’eau, qui se voit aujourd’hui anticipative, intégrée et inclusive, combinée à une planification décentralisée au niveau des bassins hydrauliques, permettant des décisions adaptées aux spécificités locales et aux réalités du terrain», a-t-il fait savoir.
La mise en place des projets résilients nécessite, selon M. Baraka, des financements importants. «Nous travaillons aujourd’hui à la transition vers un mode de financement mixte et innovant qui se base sur plusieurs sources de financement, en encourageant le secteur privé et les institutions financières à être une parte prenante clé dans cette transition, notamment à travers les partenariats public-privé», a-t-il expliqué. M. Baraka a poursuivi que la coopération multi-niveaux apparaît comme un fondement essentiel de l’approche Nexus. «L’implication des collectivités territoriales, du secteur privé de la société civile et des institutions de recherche est indispensable pour cristalliser des solutions adaptables à des spécificités locales», a-t-il souligné.
De son côté, Leila Benali, ministre de la transition énergétique et du développement durable, a fait part du soutien de son département à toutes les initiatives ayant pour but d’utiliser les énergies renouvelables pour la gestion de l’eau dans le cadre de la politique de transition énergétique. Au niveau de la région TTA, elle a cité les projets de coopération avec la région dans le cadre du programme pour la mer Méditerranée (MedProgramme). «La région est sur la bonne voie dans la mise en œuvre des orientations stratégiques concernant la stratégie nationale de développement durable et le nouveau modèle de développement», a ajouté Mme Benali.
D’après Mbarka Bouaida, présidente de l’Association des régions du Maroc, elle a mis en lumière l’implication des régions à travers les programmes de développement régionaux, dans la nouvelle dynamique que connaît le Maroc, et ce dans le cadre des domaines de l’eau, l’énergie et l’agriculture durable. «Cependant, la réussite de ces projets exige des partenariats solides et la coordination entre les différents secteurs et les acteurs, soit au niveau de l’Etat, les collectivités territoriales, le secteur privé, la société sociale et les universités », a souligné Mme Bouaida. De son côté, Redouane Arrach, secrétaire général du département de l’agriculture, a affirmé que le Maroc a réalisé d’énormes progrès dans la maîtrise de l’eau et sa valorisation. «Plus récemment, le Plan Maroc Vert 2008-2020 et aujourd’hui la stratégie Génération Green 2020-2030, ont permis de mobiliser d’importants investissements dans l’efficacité hydrique et la promotion de l’irrigation efficiente. Près de 850 milles hectares sont aujourd’hui équipés en techniques d’irrigation économes en eau», a-t-il fait savoir. Soulignons que placée sous le Haut patronage de SM Roi Mohammed VI, cette manifestation de deux jours- qui s’est déroulée à l’initiative du CR-TTA- s’est distinguée par la signature d’une convention-cadre visant à consolider la collaboration entre les parties signataires au niveau stratégique et opérationnel en alignement avec les principes de l’approche WEEF Nexus.