Le rebond de la croissance au Maroc sera soutenu par l’augmentation des recettes touristiques et les flux d’investissements directs étrangers (IDE) qui devraient stimuler la production industrielle et la croissance des exportations, ainsi que par une augmentation attendue des investissements associés aux projets d’infrastructure pour la Coupe du monde de football 2030.
La Banque africaine de développement vient de dévoiler son rapport intitulé «Africa’s Marcoeconomic performance and outlook » du mois de janvier 2025. Ce document fait une analyse succincte des performances macroéconomiques de l’Afrique. « Au Maroc, la reprise de la production agricole après des années de conditions climatiques défavorables devrait donner un fort coup de pouce à l’économie et la croissance du PIB réel devrait passer d’une estimation de 2,9% en 2024 à une moyenne de 3,8 % en 2025-2026», peut-on lire dans ce rapport. Et de poursuivre : «Le rebond de la croissance au Maroc sera soutenu par l’augmentation des recettes touristiques et les flux d’investissements directs étrangers (IDE) qui devraient stimuler la production industrielle et la croissance des exportations, ainsi que par une augmentation attendue des investissements associés aux projets d’infrastructure pour la Coupe du monde de football 2030, qui sera organisée conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal ». Ce rapport revient aussi sur l’expérience du Maroc dans le secteur industriel. «L’expérience du Maroc offre des enseignements pertinents. S’appuyant sur des investissements significatifs dans les années 2000, notamment dans les infrastructures de transport et de logistique, le pays s’est lancé dans une stratégie industrielle axée sur l’exportation. Le Plan d’accélération industrielle 2014-2020 s’est concentré sur l’intensification de la participation du pays dans les chaînes de valeur mondiales à forte teneur technologique », précise la même source notant que le développement de pôles industriels et logistiques autour de l’infrastructure de classe mondiale du pays, complété par des politiques incitant les entreprises manufacturières à relocaliser leurs opérations dans ces pôles, a facilité les investissements de grands groupes automobiles et de fabricants de composants automobiles, contribuant à la hausse de la part du secteur manufacturier dans les investissements directs étrangers, passant de 15 % en 2010 à 37 % en 2019. « Le Maroc est désormais le premier producteur et exportateur de voitures en Afrique, avec une valeur ajoutée manufacturière représentant 15 % du produit intérieur brut du pays en 2023», indique la même source. Le monde connaît des changements majeurs marqués par un contexte économique difficile. «Pour les pays africains, les incertitudes croissantes sur les plans domestique, régional et mondial continuent d’affecter la performance économique et les perspectives de croissance à court et moyen termes. La croissance moyenne du produit intérieur brut (PIB) réel en Afrique a ainsi été estimée à 3,2% en 2024, légèrement supérieure aux 3,0% enregistrés en 2023», indique Dr. Akinwumi A. Adesina, president de la Banque africaine de développement. Et d’ajouter : «Cette amélioration marginale montre que la croissance économique du continent reste fragile et est inférieure à la moitié du minimum de 7% considéré comme nécessaire pour sortir des millions de personnes de la pauvreté. Malgré l’environnement économique mondial difficile et les défis structurels persistants au niveau national et régional, certaines économies africaines continuent de faire preuve d’une résilience impressionnante » soulignant qu’en 2024, la croissance estimée dans 30 pays du continent a augmenté par rapport à l’année précédente, avec 9 économies enregistrant une hausse de la croissance de plus de 1 point de pourcentage. «Les expansions de la croissance dans ces pays reflètent une forte performance dans le secteur des hydrocarbures, le tourisme, l’agriculture et, de manière cruciale, l’investissement privé — un élément clé pour soutenir la croissance future de l’Afrique ».