Londres ouvre lundi un procès hors norme concernant cinq constructeurs automobiles, dont Renault et Peugeot-Citroën, dans le cadre du scandale mondial des voitures diesel truquées. Londres, 13 octobre 2025 – Le procès se déroulera devant la Haute Cour pour trois mois et pourrait avoir des répercussions sur de nombreux autres constructeurs présents au Royaume-Uni. Mercedes, Nissan et Ford sont les trois autres entreprises mises en cause. Tous nient les faits.
Ce dossier, qui a donné lieu à des procédures civiles et pénales dans plusieurs pays – Allemagne, France, États-Unis ou Corée du Sud –, porte sur la manipulation de véhicules pour contourner les contrôles antipollution, notamment concernant les émissions d’oxydes d’azote (NOx). Volkswagen, premier acteur du Dieselgate, avait reconnu en 2015 avoir commercialisé plus de 11 millions de véhicules équipés d’un logiciel truqueur et réglé plus de 30 milliards d’euros d’indemnités à l’échelle mondiale, principalement aux États-Unis.
Au Royaume-Uni, Volkswagen avait déjà été jugé en 2020 pour l’installation d’un logiciel truqueur et avait réglé l’affaire à l’amiable en 2022 pour 193 millions de livres (222 millions d’euros). Mais selon Martyn Day, avocat représentant les plaignants, l’affaire est désormais « beaucoup plus large que Volkswagen » et pourrait concerner presque tous les constructeurs vendant des véhicules dans le pays. L’indemnisation pourrait se chiffrer en « milliards de livres », alors que 1,6 million de conducteurs britanniques réclament réparation.
La décision du juge pourrait également faire jurisprudence et s’appliquer à d’autres constructeurs visés par des plaintes au Royaume-Uni, parmi lesquels Volkswagen-Porsche, Vauxhall-Opel, Jaguar Land Rover, BMW, FCA-Suzuki, Volvo, Hyundai-Kia, Toyota et Mazda.
Le procès porte d’abord sur la responsabilité des entreprises avant qu’une seconde procédure, prévue à partir d’octobre 2026, n’examine les indemnités à verser aux conducteurs lésés. Adam Kamenetzky, un Londonien de 45 ans, explique avoir été « trompé » en achetant en 2018 un SUV Mercedes, réputé moins polluant. Selon lui, le véhicule est en réalité plus nocif, ce qui affecte également sa valeur. « Nous vivons dans un quartier résidentiel où des enfants risquent d’avoir les poumons gravement endommagés par ces émissions », déplore-t-il.
Sollicités par l’AFP, Ford et Mercedes ont rejeté les accusations comme « sans fondement ». Renault et Stellantis, maison-mère de Peugeot et Citroën, affirment que leurs véhicules étaient conformes aux réglementations, tandis que Nissan n’a pas souhaité commenter.
Ce procès marque un nouvel épisode du Dieselgate, qui a déjà secoué le secteur automobile mondial et pourrait redéfinir les responsabilités et compensations pour des millions de conducteurs au Royaume-Uni.
LNT avec AFP
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